Les députés de la Marne démolissent les 35 heures
C’est devenu une habitude. Pendant que les salariés sont en vacances, Sarkozy en profite pour faire passer ses mesures les plus rétrogrades. Les députés UMP et Nouveau centre (dont ceux de la Marne) ont ainsi voté le texte qui fait exploser les 35 heures, en confiant la fixation de la durée du travail à des accords d’entreprise. L’objectif n’est pas de revenir aux 39 heures, mais de faire sauter à moyen terme toute durée légale du temps de travail. Les maigres compensations versées aux salariés ne feront pas le poids face aux prix qui s’envolent. Elles permettront surtout aux employeurs d’éviter de parler des salaires qui ne suivent pas l’inflation.
Les cadres ne sont pas épargnés non plus, avec un plafond de 235 jours travaillés par an. Sur une année de 365 jours, quand on enlève les samedi, les dimanche, et 5 semaines de congés payés, il reste 235 jours et le 1er mai. Ce sont donc toutes les RTT et les jours fériés qui sautent. Mais Sarkozy, qui défend le camp du patronat contre les salariés, ne s’arrête pas là. Il a fait adopter au niveau européen une mesure permettant d’en finir avec le maximum de 48 heures de travail par semaine. Les employeurs pourraient donc exercer des pressions sur leurs salariés afin de les faire travailler jusqu’à 65 heures, les 48 heures étant maintenant considérés comme « un frein » aux yeux du patronat.
Il n’est pas étonnant dans ces conditions que 70 % des français se disent insatisfaits de la politique économique et sociale actuelle.
Alors que depuis plus d’un siècle, on a pu à la fois réduire le temps de travail et augmenter la productivité, la droite essaie de faire tourner la roue de l’histoire à l’envers. Parce qu’elle craint un retour de manivelle, et qu’elle veut cogner encore plus, l’UMP continue de mettre la main sur l’ensemble de la sphère médiatique. La réforme de l’audiovisuel public vise au contrôle plus serré de l’information et de l’industrie du divertissement. Sarkozy réclame de nommer lui-même le président de France Télévision. Et c’est dans ce contexte qu’il envisage la réforme institutionnelle visant à remodeler l’exercice du pouvoir à sa convenance. Cela doit faire réfléchir tout le monde sur les conséquences qu’aurait l’adoption, fin juillet, de tels changements constitutionnels, sur le pluralisme et l’exercice de la démocratie dans notre pays.