Capitalisme en faillite

Publié le par Section du Parti Communiste d'Epernay

Relancer la crise ou changer le système ?

 

Les caisses n’étaient pas vides…

 

Les « caisses sont vides » répète M. Fillon depuis des années…

Les salariés découvrent aujourd’hui que des sommes folles sont débloquées en quelques heures, alors qu’il n’y a soi-disant rien pour les salaires et les retraites, pour l’hôpital, les services publics…

Les gouvernants du monde jettent des centaines de milliards d’euros d’argent public dans le trou noir de la crise bancaire. Ils veulent relancer le système, mais sans le mettre en cause. Cela peut remonter le moral des actionnaires mais ne résoudra pas la crise.

Depuis 30 ans, la part des salaires dans la valeur ajoutée n’a cessé de baisser, alors que celle du capital n’a cessé de croître. Voilà le problème.

L'économie mondiale vit l'une des plus graves crises de son histoire. Partout dans le monde, les bourses s'affolent, les faillites se multiplient, des milliards d'euros partent en fumée.

Capitalistes fous ou folie du capitalisme ?

On veut nous faire croire que le problème vient de quelques patrons voyous. C’est faux ! Toutes les banques, tous les établissements financiers privés sont « mouillés ».

On veut nous faire croire qu'il serait possible de moraliser le capitalisme, de le réguler. Illusoire ! La nature du capitalisme c'est la recherche de la rentabilité la plus forte et la plus rapide, même si cela détruit l’activité utile ou l’environnement.

La droite va profiter de la crise pour imposer de nouveaux reculs sociaux

MM. Sarkozy et Fillon se présentent comme les chevaliers blancs. Mais leur politique nourrit l'ogre des marchés financiers. Ils ont imposé sans référendum le Traité de Lisbonnequi prévoit que « toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites ». Après avoir privatisé à tout va (GDF), ils veulent offrir La Poste aux actionnaires.

Le capitalisme en question

 

Selon un sondage CSA, les Français souhaitent à 54 % une transformation radicale ou en profondeur du système capitaliste contre 40 % qui voudraient seulement l’aménager sur quelques aspects ou le laisser tel quel (4 %).

Ils poussent le cynisme jusqu’à utiliser le prétexte de la crise pour amplifier une politique de reculs sociaux qui nous enfonce encore plus dans cette mécanique infernale :

D’un côté, ils réduisent les dépenses utiles : 30.000 postes supprimés dans les services publics prévus en 2009, budget d'austérité (notamment pour la politique de la ville et le logement) et nouvelles coupes dans les dépenses de protection sociale.

De l’autre, ils veulent renflouer les spéculateurs avec de l’argent public, c'est à dire celui des contribuables. C’est le plan Bush de 700 milliards de dollars, ou le plan Sarkozy de 360 milliards d’euros. Et tout ça, sans contrepartie, sans même toucher aux logiques et aux pratiques du système. Les pertes pour le public et les profits pour le privé. Inacceptable.


Il faut changer de logique

Décryptage de la crise des subprimes

Acte I : la crise est apparue avec les subprimes aux Etats-Unis, c'est à dire la spéculation sur du crédit à risque. De nombreux ménages ont acheté une maison avec un crédit à taux variable qui est passé de 1 à 5 % en 3 ans. Avec la chute du  prix de l’immobilier, ces familles se sont retrouvées piégées : même la vente de leur maison ne pouvait plus rembourser le crédit.

Acte II : Résultats? Faillites de banques, resserrement du crédit pour les particuliers comme pour les entreprises. Par le biais d'un système financier mondialisé sans contrôle citoyen, cette crise se propage dans le monde entier.

Acte III : Pour tenter de mettre fin à  cette spirale, les banques centrales interviennent massivement, et partout on annonce des opérations de renflouement des banques en nationalisant leurs pertes. Sans bien sur remettre en question les raisons profondes de cette crise. Pour Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie, c’est « aussi inefficace que de  procéder à une transfusion sanguine massive sur une personne souffrant d’une grave hémorragie interne »…

Si l'on veut s'attaquer efficacement à cette crise, il faut s'en prendre aux causes profondes et réorienter l'argent vers l’économie réelle et les besoins sociaux.

Il devient urgent de couper le robinet de la spéculation. Il faut par exemple refuser de livrer nos retraites à des fonds de pension et stopper toute nouvelle privatisation.

La droite lance des piques contre les spéculateurs. Mais elle a fait voter un bouclier fiscal qui leur permet d’agir en toute impunité. Il faut supprimer ce bouclier fiscal pour les plus riches. Et il est nécessaire d’engager une lutte acharnée pour interdire les paradis fiscaux, dont l’existence y compris en Europe permet à des capitaux considérables d’échapper à tout contrôle.

    Pour un pôle financier public

En pleine crise, le capitalisme est obligé de transgresser ses propres règles. Les ‘nationalisations’ actuelles de banques visent à les sauver du désastre. Mais leur gestion ne sera pas plus démocratique. Ces organismes continueront à se tourner vers le rendement financier à excès, qui a conduit à la situation d’aujourd’hui. Il faut donc transformer profondément le système bancaire pour le mettre au service d'une nouvelle croissance créatrice d'emplois et respectueuse de l'environnement.

Cela passe par la création d'un pôle public bancaire. Et par une transformation du rôle de la Banque Centrale Européenne (BCE). Aujourd’hui, la BCE est présentée à tort comme étant ‘indépendante’. Elle est en réalité l’esclave des marchés financiers, et les citoyens n’y ont aucun pouvoir. Il s’agit donc de la placer sous contrôle démocratique, au service du développement de l’industrie et des services.

Il faut également mettre en place un crédit sélectif, bon marché quand celui-ci favorise les investissements productifs utiles (emploi, formation, recherche), et très cher quand il sert à des opérations purement financières.

Avec quelques variantes, ces propositions vancées de  longue date par le PCF font du chemin à gauche.

Le chantier est donc ouvert à celles et ceux qui veulent s’attaquer aux logiques destructrices du capitalisme. Il faut réorienter l’argent vers les besoins réels : salaires, retraites, allocations. Non seulement ce serait juste, mais tout autant utile pour stopper la récession, relancer l'économie sans alimenter la spirale spéculative. Sans cela, il n’y aura pas de sortie de crise.

 

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