Déclaration du Parti communiste français sur la situation de l’Hôpital d’Epernay
La presse s’est fait l’écho du rapport de la chambre régionale des comptes qui met en avant de nombreux dysfonctionnements au sein de l’Hôpital d’Epernay. Si la direction du Centre hospitalier est épinglée, il ne faut cependant pas oublier que le problème réside dans la politique mise en œuvre, à Epernay comme ailleurs, dans le domaine de la santé.
Un avant goût de la loi Bachelot
A de nombreuses reprises, notamment lors des Conseils d’administration de l’hôpital avec l’intervention de la Conseillère régionale Karine Jarry, nous avons alerté sur la question de l’insuffisance de moyens financiers et humains dans nos hôpitaux, avec des conséquences pour les patients et pour le personnel. Cette année par exemple, il manque plus d’un million d’euros dans le secteur personnes âgées pour boucler le budget. Soyons clair, ce n’est pas un déficit, c’est un manque de moyens accordés à notre hôpital. Et la logique comptable appliquée à Epernay aboutit à faire payer les patients (+ 7 % à la maison de retraite et 12 % pour les soins de longue durée), à supprimer des postes ou à aggraver les conditions de travail d’un personnel qui fait pourtant preuve d’un grand dévouement.
Ce qui se passe à Epernay est un avant goût de la loi Bachelot qui vise à déstructurer l’hôpital et à démanteler le service public, en le gérant comme une entreprise, pour faire la place belle au privé.
Epernay, Châlons, Reims…
A l’Hôpital de Châlons, au CHU de Reims, la même politique est menée. A Reims, il manque 25 millions d’euros pour boucler le budget, parce que l’Etat coupe les robinets. Et que fait la direction du CHU ? Elle veut supprimer 500 emplois. Cette réduction de moyens, cette logique comptable vise à casser l’hospitalisation publique.
La fusion hôpital-clinique en cause
Depuis le début du projet, nous le disons avec force, la fusion entre l’hôpital et la clinique Saint Vincent va profiter au secteur privé. Il s’agit d’une fusion – privatisation qui va coûter des dizaines de millions d’euros au secteur public, avec en bout de course un projet médical flou, qui ne pourra que profiter au secteur privé. A terme, c’est par exemple la mort lente annoncée de la chirurgie publique à Epernay.
Il est temps de remettre l’ouvrage sur le métier, en associant et en écoutant ce que disent et proposent le personnel hospitalier, les associations, les syndicats…
Le rapport de la chambre des comptes, dont nous ne voudrions pas qu’il ait été dévoilé dans le but de « tirer sur l’ambulance » afin d’affaiblir encore l’hôpital public, confirme malgré tout de nombreuses craintes.
Nous appelons les citoyens, dans leur diversité, à être vigilants et à intervenir pour défendre et développer l’hôpital public, garant de l’égalité de l’accès à des soins de qualité pour tous.
La direction du Centre hospitalier vient d’être épinglée