Déclaration KArrine Jarry sur la fermeture de la CAF
La fermeture de la CAF n’est pas une solution :
il faut des moyens pour répondre aux besoins
Voilà où conduit la politique absurde de restriction budgétaire menée par le gouvernement. Pour traiter des milliers de dossiers en retard, la Caisse d’allocation familiale de Reims est fermée au public pendant toute la durée du mois de février.
Sous la pression des salariés et de leurs syndicats, la direction locale de la CAF a accepté de mettre en place un « service minimum » pour les situations dites « d’urgence ».
On nous répète que la cause de ces retards viendrait de la mise en place du RSA. Si les dossiers sont plus longs à instruire, il n’en reste pas moins que le véritable problème est le manque de personnel. L’insuffisance des ressources allouées aux CAF (la Marne n’est pas le seul département en difficulté) explique cette dégradation du service public.
Le budget 2010 présente une baisse de moyens par rapport à 2009, y compris en frais de personnel. Dans la Marne, il y aura des postes en moins en 2010 et plusieurs départs en retraite non remplacés d’ici à 2012.
Le personnel – qui ne ménage pas ses efforts – est mis sous pression, les heures supplémentaires s’accumulent sans que la situation ne s’améliore. Car sans embauche de techniciens supplémentaires, le cercle vicieux va continuer.
Je suis alertée par de nombreux allocataires. Pour eux, c’est au quotidien le « service minimum ». Des personnes en difficultés qui n’ont souvent que 10 euros par jour pour vivre, connaissent des retards dans leur dossier. Des bénéficiaires du RSA n’ont toujours pas perçu la prime de Noël passé. Dans la Marne et dans notre pays, des centaines de milliers de salariés font les frais d’une crise économique dont ils ne sont en rien responsables. Ils subissent une deuxième peine en étant victime de l’incurie du gouvernement.
Je suis inquiète car la situation de la CAF est loin d’être isolée. Partout où l’UMP a décidé idéologiquement de casser l’emploi, les personnels et les usagers en font les frais. Dans certains services, la situation est devenue littéralement chaotique. Voilà comment on maltraite le service public.
Ensemble, avec le personnel de la CAF, les familles allocataires, les syndicats et les associations, exigeons du gouvernement des moyens pour faire face à l’urgence. La réponse n’est pas dans la fermeture de l’accueil au public, mais dans l’attribution de moyens correspondant à la pérennisation des missions de service public.