« L’identité nationale » contre la nation
En agitant le spectre d’une « identité nationale menacée », le gouvernement espère détourner l’attention des résultats de sa politique, qu’une majorité de nos concitoyens juge négatifs.
La notion « d’identité nationale » va à l’encontre de la nation forgée par la Révolution française, elle est inacceptable pour quiconque est attaché aux valeurs républicaines. Elle est une conception dangereuse, avec ses fantasmes d’ancienne puissance coloniale, vision du monde selon laquelle l’étranger, le jeune, l’ouvrier constituent potentiellement une classe dangereuse. Dans son discours sur l’agriculture sur « les liens charnels avec la terre », la terre qui « fait partie de l’identité nationale », N. Sarkozy ne pouvait ignorer que ces phrases faisaient écho à un autre discours, celui du maréchal Pétain : « la terre ne ment pas ». Les citoyen-ne-s ne doivent pas tomber dans le piège qui a pour but de draguer les électeurs dans la boue du FN. En dérive, mais aussi par racolage, l’UMP flirt avec les thèses d’extrême droite. Et c’est l’impasse. Ironie des temps, plus le gouvernement expulse avec brutalité des personnes « sans papiers », plus le chômage explose. C’est la confirmation pour les salarié-e-s que la précarité, la mal vie, les licenciements ne sont pas de la faute de telle ou telle catégorie de population.
Sarkozy et le gouvernement UMP sont prêts à tout pour éviter que le débat, les regards se portent sur les choix de société. Pour continuer à cogner contre l’emploi, contre les services publics, ils ont besoin de détourner l’attention des français, avec un débat biaisé, habilement présenté. Les mêmes qui démantèlent au quotidien le service public, affirment le mettre au cœur de « l’identité nationale ». La manipulation est sans limite.
Sachons écouter la sagesse de Claude Lévi-Strauss, qui vient de nous quitter, et qui s’exprimait il y a quelques années en ces termes : « J’ai connu une époque où l’identité nationale était le seul principe concevable des relations entre les Etats. On sait quels désastres en résultèrent. »