LA POLITIQUE SARKOZY/UMP, cause toujours, on continue !
Exercice collectif d’auto célébration de Sarkozy au dernier conseil national de l’UMP.
“ Ça marche et on continue ”, ont martelé en substance les intervenants sur tous les sujets, que ce soit l’Europe, où les contradictions ont été niées, voire méprisées, avec l’arrogance coutumière de la droite sarkozyste, ou sur la situation sociale où, à écouter le chef de l’État, “ quand il y a une grève, plus personne ne s’en aperçoit ”, comme si l’auto persuasion présidentielle suffisait à faire disparaître le malaise politique et social.
En fait, faute de se montrer réellement convaincant, le président a repris une méthode dont il estime qu’elle lui a réussi : jouer le matamore et montrer ses muscles. Violent avec la gauche, ressortant de vieilles lunes anticommunistes, dédaigneux avec les mouvements sociaux, Sarkozy a une nouvelle fois confondu agressivité et efficacité. À ceux qui doutent, constatent l’accumulation des mauvaises nouvelles ou évoquent “ le manque de chance ”, il réplique une première fois : à ceux-là, “ je dis que je suis quand même président de la République ”. Puis, emporté par son élan, une deuxième fois : à ceux-là, je dis “ je suis quand même président de l’Union européenne ”, oubliant juste de préciser que, dans ce second cas, il n’y est pour rien, puisque la rotation de la présidence se fait automatiquement entre pays et que cela ne lui donne en rien les pleins pouvoirs sur le devenir de l’Union. Mais qu’importe : dans l’imaginaire sarkozyste, la force et l’omnipotence tiennent lieu de panthéon. On s’étonne après cela que la tentation du pouvoir personnel ne soit pas loin.
Le problème, c’est que ce volontarisme autoritaire n’a jamais rien résolu et encore moins quand la crise prend racine dans le divorce désormais patent entre les attentes du pays et la réalité de la politique incarnée par Sarkozy. La première année du quinquennat montre cet échec avec éclat. Le sondage CSA/ Parisien sur la décision de Sarkozy de nommer le PDG de la télévision publique en dit long : 71 % sont contre, un niveau exceptionnellement élevé, un phénomène de rejet ! Et c’est précisément la prétention présidentielle à avoir la main sur tout qui cristallise l’inquiétude. Cela devrait conduire tout le monde à réfléchir aux conséquences qu’aurait l’adoption de la réforme des institutions voulue par le président pour reformater l’exercice du pouvoir à sa convenance.
Pour l’heure, à l’UMP, c’est donc : “ cause toujours, on continue ”. D’ailleurs, a lancé Devedjian pour expliquer l’incompréhension des Français sur la télévision publique, “ l’hypocrisie du système actuel les abuse ”. C’est comme pour le traité européen, ceux qui ne sont pas d’accord n’ont rien compris, c’est bien connu. Un jour sur le mode de la conviction, un autre sur le registre de la force, le pouvoir sarkozyste mise en fait sur une idée principale : faire croire au caractère inéluctable de la politique qu’il met en œuvre.
C’est à cela qu’il convient de s’attaquer dans la durée, aussi bien par l’action que par le débat d’idées, en faisant valoir d’autres choix et d’autres moyens de les mettre en œuvre.