Le chef de l’état ne réussit pas à convaincre sur l’hôpital

Publié le par Section du Parti Communiste d'Epernay

Les professionnels de santé contestent la négation par le président d’un manque de moyens pour l’hôpital public.




Ça ne passe pas. Le discours de Nicolas Sarkozy, vendredi à Strasbourg, réaffirmant que l’hôpital public ne souffre pas d’un manque de moyens mais seulement de problèmes d’organisation, a été accueilli par un concert de critiques, émanant en particulier des syndicats et associations des professionnels de santé. Même les plus modérés d’entre eux soulignent que, si des modifications dans le fonctionnement peuvent être envisagées, elles ne sauraient se substituer à une augmentation de l’investissement dans l’hôpital public. Dès vendredi, le délégué général de la Fédération hospitalière de France avait indiqué que le déficit des établissements « devrait atteindre 800 millions à 1 milliard d’euros pour 2008. Et pour 2009, nous allons démarrer avec une impasse de 500 millions », au vu du budget voté par le Parlement. Au chef de l’État qui, en dépit de ces réalités, a mis en avant l’augmentation du budget de l’hôpital de 23 milliards d’euros en dix ans, la CGT santé renvoie cette réalité « oubliée » : l’augmentation des besoins et la hausse du coût des technologies. Au demeurant, loin d’être un dépensier inconsidéré comme le suggère Sarkozy, l’hôpital a plutôt été le « bon élève des économies » ces dernières décennies, et « les personnels de toutes catégories en savent quelque chose, les patients également », note la CGT, en observant que la part des crédits hospitaliers (50 milliards d’euros en 2009) dans le budget de l’assurance maladie est « en constante diminution depuis vingt ans » (moins de 40 % maintenant).

Du côté des médecins, Rachel Bocher, porte-parole de l’Intersyndicat national des praticiens hospitaliers, pense que si le président considère l’hôpital suffisamment doté, c’est « qu’il a pour référence la clinique privée où Mme Dati a accouché ou l’Hôpital américain de Neuilly ». Et, alors que Sarkozy voit dans le projet de réforme de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot (« hôpital, patients, santé, territoire ») le remède aux dysfonctionnements, la syndicaliste médecin se dit « outrée quand on parle d’immobilisme. Il y a déjà eu cinq réformes à l’hôpital, dont la dernière en 2004 qui n’a toujours pas été évaluée, ni digérée par les personnels ».

Quant à l’idée, au coeur du projet Bachelot et reprise par le président à Strasbourg selon laquelle il faudrait faire du directeur de l’hôpital un véritable « patron » d’entreprise, elle est taclée par le docteur François Aubart, président de la Coordination médicale hospitalière : « La réforme est incontournable, mais substituer le Code du commerce au Code de la santé publique est inadapté aux enjeux du service public hospitalier. »

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article